Industrie

L’INDUSTRIE DE LA CONSTRUCTION : ÉCONOMIE ET MAIN-D’ŒUVRE

ÉCONOMIE

Par son vaste champ de compétence, sa grande demande de main-d’œuvre et ses apports économiques considérables, l’industrie de la construction en demeure une de premier plan. Comptant quelques 140 000 travailleurs et plus de 21 000 employeurs, elle représente, tous métiers confondus, une proportion d’un emploi sur 25 à travers l’ensemble de la province. En injectant annuellement plus de 30 milliards de dollars dans l’économie québécoise, le domaine de la construction se doit de grandir sur les meilleures bases possibles.

Divisé en quatre secteurs d’activités (construction résidentielle, secteur institutionnel et commercial, construction industrielle et travaux de génie civil et voirie), le domaine de la construction dénombre dans l’ensemble pas moins de 26 métiers et 32 occupations. Afin de répondre aux exigences de l’industrie ainsi qu’aux besoins précis des travailleurs, chacun de ces secteurs possède une convention collective qui lui est propre. Cette diversité favorise l’ouverture de l’industrie sur les marchés de l’emploi et répond aux multiples demandes de la société québécoise allant de la rénovation résidentielle à une remise à neuf de centres hospitaliers en passant par de grands chantiers hydroélectriques et d’importants travaux routiers. Bref, le monde de la construction en est un d’avenir et nous nous devons de le mener sur la bonne voie.

LA RÉALITÉ

Malheureusement, certaines constatations sur l’univers de la construction ne sont pas des plus reluisantes; instabilités reliées aux cycles économiques, grand roulement de la main-d’œuvre, chômage chronique, emplois saisonniers et régionaux… La FTQ-Construction tente ainsi d’équilibrer ses inconstances et d’échafauder des plans de solution pour le mieux-être des travailleurs. La FTQ-Construction se dote donc de mandats visant différents aspects des problématiques retrouvées dans l’industrie de la construction : santé et sécurité du travail, éducation syndicale, formation professionnelle, sécurité du revenu, promotion du Fonds de formation, présence régionale par le biais des Comités d’action syndical (CAS), organisation d’interventions sur les chantiers. Reconnaissant les réalités de la construction, la partie syndicale met tout en œuvre pour prévenir et guérir les fractures du système. Le climat d’insécurité constant, les risques de blessures, de maladie et de décès, les larges variations entre l’offre et la demande, bref, toutes ces caractéristiques de l’industrie, et bien plus, poussent la FTQ-Construction à se munir d’outils d’intervention et de mobilisation pour améliorer les conditions des ouvriers.

LA FORMATION PROFESSIONNELLE
UN PAS DANS L’INDUSTRIE

Pour faire son entrée dans l’industrie de la construction, la voie d’accès la plus profitable reste sans doute l’acquisition d’un diplôme d’études professionnelles (DEP). L’éducation publique, un acquis social cher aux yeux de la partie syndicale, permet ainsi aux travailleurs d’avoir accès à un certificat de compétence et de se prémunir d’une formation reconnue dans l’ensemble de son métier. Ce même certificat assure également une qualification égale de la main-d’œuvre et, en bout de ligne, une meilleure courbe d’emploi. La FTQ-Construction privilégie donc l’obtention d’un diplôme chez ses membres pour pallier aux diverses fluctuations des besoins et demandes de l’industrie.

LE CLIENT GAGNANT

Portant toujours à cœur le mieux-être du consommateur, l’industrie de la construction, appuyée par la FTQ-construction, concrétise cette idée en favorisant l’obtention d’un certificat de compétence chez ses salariés. De cette façon, le diplôme assure à tous les travailleurs du domaine une reconnaissance de leurs aptitudes et donc, une qualification égale. Dans ce sens, la formation professionnelle et sa promotion permettent la protection du client auquel le même service, la même qualité sont garantis peu importe la tâche effectuée.

LES NON-DIPLÔMÉS

Dans le seul cas d’une pénurie de main-d’œuvre, on procède à une ouverture de bassin. Ceux qui, sans posséder de certificat reconnu par l’industrie, ont une scolarité équivalente à celle exigée pour le métier peuvent entrer dans le milieu de la construction. Les non-diplômés viennent alors combler un besoin ponctuel où l’instabilité de l’emploi s’intensifie inévitablement. Le cheminement en montagnes russes de ces ouvriers se fait plus exigeant, plus incertain face aux précarités de l’emploi et des cycles économiques; les non-diplômés sortent donc rapidement de l’industrie. Joignant le domaine lors d’une pénurie, les non-diplômés doivent tout de même suivre une formation obligatoire pour renouveler et maintenir la validité de leur carte de compétence. Et ladite formation s’apparente aux programmes d’études certifiés des huit centres d’instruction spécialisée du Québec.

PROTECTION DE LA MAIN-D’ŒUVRE

Devant le développement économique anarchique du système actuel, la mission de la FTQ-Construction pour protéger ses salariés est de taille. Cette recherche de sécurité se traduit dans la création en 1992 de deux fonds de formation desservant d’une part le secteur résidentiel et d’autre, les secteurs industriel, institutionnel et commercial, génie civil et voirie. La négociation de ces fonds, payés en totalité par les employeurs, entreprend de dispenser une connaissance et une compétence élargies pour permettre aux ouvriers de participer à l’industrie de façon plus constante, plus longue, plus complète. La formation menée par les fonds vise le perfectionnement des travailleurs, en matière de nouvelles technologies par exemple, et le recyclage de leur savoir-faire quant à l’évolution du domaine. Ainsi, chaque année, environ 15 millions de dollars sont investis auprès des salariés pour leur offrir une formation à jour et pertinente.

L’industrie de la construction met également en place un support aux travailleurs résidant dans les régions du Québec : le contrôle des bassins. Ces bassins, créés et gérés pour la protection des emplois régionaux, garantissent plus d’heures et plus de possibilités d’emploi aux travailleurs de la construction vivant à l’extérieur des gros centres de la province.

ENJEUX ET ENGAGEMENTS

La FTQ-Construction propose deux points d’encrage sur la question de la formation professionnelle : l’accès de la main-d’œuvre au monde de la construction et sa protection au niveau des heures et des périodes de travail. Le groupement syndical met de l’avant une politique privilégiant l’obtention d’un diplôme d’études professionnelles puisqu’elle suscite l’activité de l’industrie et son développement. Le diplômé voit augmenter ses chances de se tailler une place de choix au sein de l’industrie puisqu’il peut alors en faire partie plus longtemps. Au fond, les travailleurs, employeurs et consommateurs se trouvent tous bénéficiaires de la formation offerte; le maintien de la compétence assurant une égale qualité des produits et de la main-d’œuvre peu importe le métier représenté. Qui donne reçoit…