Histoire de la FTQ Construction

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Les luttes pour le travail

En plus des négociations et des affaires courantes qu’administre le Conseil conjoint, l’assujettissement de la machinerie de production et la réécriture des champs de compétence des métiers et des occupations seront au cœur des grandes préoccupations auxquelles se consacre la nouvelle association représentative.

En cette fin des années 1990, la recherche d’une solution efficiente pour la machinerie de production n’est pas un nouveau dossier; c’est au contraire l’un des plus anciens débats qui anime l’industrie. Mais il refait surface avec plus d’acuité à certains moments. Après de longues discussions, la FTQ-Construction s’est entendue avec les syndicats industriels de la FTQ. Chacun garde ses acquis. Il n’est surtout pas question de se voir remettre des travaux qui sont autrement exécutés par nos consœurs ou nos confrères des autres secteurs d’activités économiques. D’autre part, nous devons revendiquer l’exécution des travaux relevant de notre champ de compétence.

La proposition mise de l’avant par la FTQ-Construction vise à intégrer au champ d’application de la Loi les travaux exécutés sur la machinerie de production. Dans la majorité des cas, ce sont des travailleurs de la construction qui exécutent ces travaux puisqu’ils bénéficient déjà de la formation, de l’expérience et de l’expertise nécessaire afin de les réaliser. Mais en contrepartie, on ne leur reconnaît pas le statut professionnel qui y est lié et, par voie de conséquence, les conditions de travail qui y règnent sont inférieures. Les conséquences de cette politique sont énormes pour l’industrie de la construction, dans la mesure où c’est le secteur de la construction qui soutient les coûts reliés à la formation professionnelle, à l’apprentissage, au maintien des connaissances afin de demeurer à la fine pointe des nouvelles technologies, d’assurer et d’assumer le perfectionnement et le recyclage, mais n’en perçoit aucun bénéfice.

Multipliant les rencontres et les démarches auprès du gouvernement, recevant l’appui inconditionnel de la FTQ et de ses grands syndicats, sans qui toute modification à la Loi sur ce sujet délicat est impossible, Jean Lavallée et Jocelyn Dupuis obtiennent du gouvernement du Parti québécois, une modification au Règlement d’application de la Loi xvii qui a pour effet d’intégrer une bonne part des travaux non assujettis ou d’en préciser la portée. Lorsque le 26 février 2003 ces modifications entrent en vigueur, c’est la première fois, depuis 1968, qu’un gouvernement pose un geste aussi significatif afin de rétablir l’équilibre dans cet épineux dossier.

La restructuration de la
FTQ-Construction

Alors que le Conseil conjoint de la construction est à toute fin paralysé par l’inertie de ceux qui ne peuvent assumer leur responsabilité, la FTQ-Construction se restructure de manière à assurer à ses affiliés des services adaptés aux réalités qui se complexifient de jour en jour. Des postes sont créés afin de couvrir chaque domaine d’activité syndicale : la formation professionnelle, la sécurité du revenu, la santé et la sécurité du travail, l’éducation syndicale et les opérations. Les autres dossiers de relations du travail et de représentation demeurent entre les mains de la direction générale. L’efficacité de la FTQ-Construction en est d’autant multipliée dans la mesure où les dossiers et les responsabilités sont dévolus à des personnes qui possèdent déjà une expertise en ce domaine.

Les lois sociales et la
FTQ-Construction

Peu importe le sujet : l’assurance-emploi, la santé et la sécurité du travail, l’indemnisation des lésions professionnelles, les retraites, les régimes d’avantages sociaux, les congés parentaux ou autres, la FTQ-Construction fait entendre sa voix.

Dans le cadre des revendications mises de l’avant par la FTQ-Construction, on ne peut passer sous silence celle relative à l’assurance-emploi. Dans un tel contexte, l’engagement pris, en novembre 2000, par le gouvernement libéral fédéral, et plus particulièrement de messieurs Coderre et Gagliano, de modifier la Loi sur l’assurance-emploi occasionne une perte de crédibilité qui s’avèrera insurmontable pour le Parti libéral fédéral en particulier et pour le gouvernement fédéral quel qu’il soit en général. Car en définitive, c’est le Parti conservateur du Canada qui, alors qu’il est au pouvoir, vide la Loi de son contenu. Quant aux libéraux, ils se contentent de piller la caisse tout en refusant de rétablir les bénéfices du régime.

Malgré la promesse du gouvernement, malgré qu’une Commission de la chambre des communes ait donné raison à la FTQ-Construction sur ses revendications, et malgré que ce même gouvernement se soit de plus engagé à modifier la Loi dans le sens des recommandations de la Commission de la chambre, les libéraux fédéraux n’ont pas tenu leurs engagements. Promesses en l’air, tapageuses et opportunistes, une autre caractéristique d’une certaine classe de politiciens qui préfèrent trahir ses engagements plutôt que de mettre son siège en jeu. Il est vrai que ce n’est pas la première fois que ce parti prétend mettre ses sièges en jeu au Québec et trahit sa parole par la suite. Trudeau, alors premier ministre du Canada, l’a fait en 1980 et n’en a pas non plus payé le prix. Mais c’est la classe politique au grand complet qui en paie le prix, sa crédibilité est en chute libre et pour cause. En agissant de la sorte, ce n’est pas la FTQ-Construction que l’on trahit. En fait, on trahit plutôt les 140 000 travailleuses et travailleurs de la construction qui ont cru en cet engagement et qui sont aujourd’hui aux prises avec un régime de prestations déficient. Mais, pour la FTQ-Construction, il ne s’agit surtout pas d’un dossier terminé…

En matière de santé et de sécurité du travail, la FTQ-Construction n’a pas cessé de mener des luttes, de mettre en branle des moyens d’actions, de faire des dénonciations et de s’activer afin de faire revivre ce sujet qui concerne les travailleuses et les travailleurs de la construction à chaque jour de leur vie. Soutenir les affiliés, assainir les chantiers, modifier les comportements, s’attaquer à l’organisation du travail déficiente, pallier au plus pressant, voilà à quoi la FTQ-Construction s’active.

La lutte ne fait que s’engager…

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