LA FTQ DÉNONCE LE NOUVEAU PROJET DE LOI No 189 QUI FAIT RECULER LES CONDITIONS DES SALARIÉS ET MENACE LA PAIX INDUSTRIELLE

Loi sur les décrets de convention collective

Crédit: Éric Demers

Montréal, le 29 mai 2018. – La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) dénonce le nouveau projet de loi no 189 sur les décrets de convention collective, déposé par la ministre du Travail, Dominique Vien, qui prévoit entre autres que la charge et la surveillance des décrets de convention collective soient confiées à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST).

La FTQ est particulièrement irritée du fait que le nouveau projet de loi n’a jamais fait l’objet de consultations. «Nous sommes en total désaccord avec le gouvernement. Pourtant, le projet de loi no 53 qui portait également sur les décrets de convention collective et qui dort maintenant sur les tablettes, bien qu’imparfait, faisait l’objet de consensus entre patrons et syndicats siégeant au sein du Comité consultatif du travail et de la main-d’œuvre (CCTM). La ministre du Travail est difficile à suivre dans sa stratégie», déclare le secrétaire général de la FTQ, Serge Cadieux.

Il faut savoir que la loi actuelle encadre 15 décrets gérés par des comités paritaires formés de représentants patronaux et syndicaux dans différents secteurs comme l’industrie du camionnage, des matériaux de construction, de la menuiserie métallique ou du personnel d’entretien d’édifices publics pour ne nommer que ceux-là. Les décrets couvrent plus de 75 000 travailleurs et travailleuses et visent plus de 9 100 employeurs. «La gestion des comités paritaires repose sur la concertation et le dialogue entre patrons et syndicats, et fait l’objet de consensus. On comprend que certains employeurs dont les travailleuses et travailleurs ne sont pas syndiqués se plaignent de l’application d’un contrat de travail qu’ils n’ont pas négocié, mais la protection de ces travailleuses et travailleurs est précisément le but des décrets de convention collective. La ministre doit refaire ses devoirs et consulter les parties, et ce, pour le plus grand bien des travailleurs et travailleuses de ces secteurs d’activité», ajoute le secrétaire général.

«La FTQ estime que cette initiative improvisée de la ministre du Travail fait reculer les conditions des salariés en plus de menacer une paix industrielle qui favorise la stabilité de ces secteurs d’activité», conclut le secrétaire général, Serge Cadieux.

La FTQ, la plus grande centrale syndicale au Québec, représente plus de 600 000 travailleurs et travailleuses.

La FTQ dénonce le nouveau projet de loi no 189 qui fait reculer les conditions des salariés et menace la paix industrielle